
L’une des capitales les plus petites et inhabituelles d’Asie, Vientiane est le centre administratif et politique du Laos communiste. Ville endormie et un peu désordonnée, Vientiane se situe le long de la rive nord du puissant Mékong, juste en face de la Thaïlande. Elle est souvent la première étape au Laos pour de nombreux voyageurs. Et, bien que la capitale puisse paraître un peu déroutante, il y a de nombreuses surprises dans cette ville poussiéreuse qui valent le coup d’être explorées.
Connue comme la Ville du Bois de Santal, Vientiane fut pillée par les Thaïs en 1828, expliquant ainsi l’absence de temples anciens et autres traces de son riche passé. Ce fut seulement lorsque les français arrivèrent un siècle plus tard que Vientiane fut reconstruite et recommença une nouvelle vie, un processus qui continue encore aujourd’hui grâce aux aides de développement de pays étrangers.
Comme la plupart des villes coloniales françaises d’Indochine, Vientiane a de larges boulevards verdoyants bordés de propriétés coloniales dans des états de délabrement variés, quelques temples bouddhistes et une atmosphère tropicale détendue.
Semblant être éternellement en travaux, la capitale du Laos est poussiéreuse et fracturée et pourtant fascinante à explorer. Son caractère rustique semble être précisément ce qui donne à Vientiane une grande partie de son charme. Sous le brouillard se trouve un sentiment de rétablissement, de lutte et d’optimisme comme le montre le nombre grandissant d’hôtels, restaurants, bars et touristes.

Les larges rives du Mékong sont peut être le lieu de la ville le plus appreciable et constitue un point de départ idéal pour les visiteurs. La plupart des commerces se situent entre la rue longeant la rivière et la fontaine Nam Phu, et on y trouve des boulangeries, quelques bars modernes et des restaurants.

Vientiane est un endroit qui nécessite ralentir afin de s’adapter à son rythme langoureux. Marcher ou se ballader vélo sont les moyens les plus agréables pour explorer le centre ville. Pour ceux qui veulent découvrir la campagne environnante, vous pouvez quitter le béton et vous retrouver au milieu de rizières en quelques minutes. Avec moins de 300.000 habitants dans la capitale, les musées, attractions culturelles et lieux de divertissements sont peu nombreux mettant ainsi au premier plan les bières fraîches devant le couché de soleil dominant le Mékong.
Nulle part ailleurs au Laos, le monde moderne ne remplace la tradition autant qu’à Vientiane. Vous pourrez ainsi voir des moines discuter sur leur portable, des enfants jouer dans des cafés internet et des Land Rover neuves passer devant les propriétés délabrées. La ville n’est peut être pas transcendante mais il est indiscutable que la capitale du Laos est l’une des villes les plus uniques et décontractées de la planète.
Grâce a sa position géographique le long du Mékong et au cœur d’une immense vallée fertile, Vientiane a été habitée sans interruption depuis le Xème siècle. Les Khmers, Siamois, Birmans et Vietnamiens sont tous passés dans la ville, en la conquérant successivement et souvent en la pillant, même après que la ville fut intégrée dans le premier royaume laotien sous le nom de Lan Xang signifiant « Terre d’un Million d’Eléphants ».

Vientiane connut plus d’importance en 1560, lorsque le Roi Setthathirath déplaça la capitale du royaume de Luang Prabang au Nord à Vientiane. Il fit construire l’impressionnant Luang stupa sur le site d’un ancien temple Khmer à l’est de la ville. La magnifique icône bouddhiste demeure un symbole important de la souveraineté laotienne et un rappel des racines bouddhistes de cette nation communiste. Ceci fut l’âge d’or de Vientiane, qui s’effondra à la fin du XIXème siècle lorsque les Siamois détruirent la ville. Le seul temple bouddhiste qui ne fut pas rasé est le Wat Sisaket construit en 1818.
Abandonnée jusqu’à la fin du XIXème siècle, Vientiane commença à se rétablir lentement lorsque les Français colonisèrent le Laos en tant que partie de leur projet d’Indochine. Les français firent de Vientiane la capitale de leur nouvelle colonie et une grande partie de la ville que l’on voit aujourd’hui furent construit à cette période et après. Avec si peu de bâtiments historiques encore debout après l’invasion siamoise, il y a très peu de traces de la période précoloniale dans la ville.

Les français dirigèrent le Laos d’une main relativement juste jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale, après quoi, un certain nombre de groupes pour l’indépendance du Laos émergèrent et commencèrent des campagnes pour leur autonomie. Le Laos acquit son indépendance en 1953 et devint une monarchie constitutionnelle. Malheureusement, le Laos fut absorbé par la guerre du Vietnam peu après son indépendance, résultant au triste record d’être le pays à avoir été le plus bombardé de l’histoire de la guerre.
Alors que les territoires bordant le Vietnam étaient bombardés par les américains, l’aide financière américaine gardait Vientiane isolée de la tragédie affligeant le reste de la nation. La triste ironie permit à la capitale de prospérer pendant la guerre en procurant des services de divertissements aux soldats et fonctionnaires américains.
Lorsque Saigon tomba en 1975, la popularité de Vientiane s’interrompit également. Le parti communiste, Pathet Lao, prit le contrôle de la capitale et créa la République Populaire et Démocratique du Laos qui gouverne encore le pays aujourd’hui. En quelques jours, Vientiane se transforma d’un refuge hédonistique à une ville de répression où tout ce qui était lié à la culture américaine était illégal. Lorsque les américains stoppèrent les aides financières, l’économie de la capitale s’effondra.
Dans le chaos qui suivit, le Pathet Lao força la monarchie traditionnelle à abdiquer, marquant ainsi la fin de 600 ans de royauté laotienne. Le gouvernement communiste essaya également de rendre le bouddhisme illégal, mais d’immenses protestations publiques en 1977 forcèrent le Pathet Lao à revenir sur sa décision. Les Soviets intervinrent pour remplacer le rôle des Etats-Unis, créant une ville radicalement différente. Lorsque l’Union Soviétique s’effondra en 1991, le Laos fut forcer de réévaluer sa position dans le monde.

L’ouverture de Friendship Bridge (Pont de l’Amitié) en 1994 reliant Vientiane à Nong Khai en Thaïlande fut le premier pas vers un nouvelle politique étrangère. Depuis, des aides de développement venant de différents pays sont versées au Laos afin de soutenir le développement de l’agriculture, l’éducation et des infrastructures du pays. Le gouvernement communiste est toujours au pouvoir mais le capitalisme a fait de sérieux impacts dans l’économie de Vientiane. Le futur du Laos dépendra largement de la manière par laquelle le gouvernement se débarrassera par lui-même des aides internationales et assumera la responsabilité de sa propre viabilité.
Vientiane a un climat tropical avec deux saisons distinctes basées sur la mousson annuelle. La saison des pluies commence en juin et dure jusqu'à la fin octobre. L’après-midi, de gros orages sont courants à cette période, suivis de taux d’humidité élevés rendant la chaleur encore plus inconfortable. Cependant, la saison des pluies soulage les rues de la capitale souvent étouffantes de poussière, en nettoyant tout et en aidant la végétation dense à éclater de vie.
A partir de Novembre, les pluies se calment et un temps sec prédomine. La saison sèche va jusqu'à mai. Les températures sont élevées toute l’année à l’exception de décembre et janvier lorsque les températures sont plus fraîches et plus agréables. Le ciel bleu et les températures agréables font de cette période la saison la plus populaire pour le tourisme, mais on ressent rarement les effets d’un afflux touristique à Vientiane.
En Mars le temps se réchauffe de nouveau. Les fermiers brûlent leurs champs et la poussière et les nuages de fumée rendent les conditions désagréables dans la région. Cependant à cette période la plus chaude de l’année, les célébrations de Pi Mai (nouvelle année) en avril viennent rafraîchir les rues en fêtant cet événement avec des batailles d’eau frivoles dans la rue.































