
Moins reputée que Delhi et Mumbai, Ahmedabad est une ville prospère du nord ouest de l’Inde comptant cinq millions d’habitants qui domine les affaires et la culture de l’état du Gujarat à proximité du Pakistan.
Ahmedabad, la cinquième ville du pays, surfe également sur la vague indienne de l’essor économique qui a transformé cet avant-poste poussiéreux en une ville qui se développe verticalement et où les petits commerces pullulent. Elle jouit aussi d'un bon nombre de sites dignes d'intérêt. Le héros de l’indépendance, Mahatma Gandhi, a ouvert deux âshrams, où ermitages indiens, dont l’un est devenu la base d’où il mena l'importante Marche du Sel, un moment crucial dans la lutte pour l’indépendance de l’Inde.
De nombreux autres sites sont également intéressants, dont les mystérieux minarets ondulants de la mosquée sidi Bashir, un des nombreux fascinants temples de la ville. Comme toute grande ville indienne digne de ce nom, Ahmedabad abrite aussi une multitude de temples hindous, de forts et de jardins publics, ce qui signifie que les visiteurs n’auront vraiment pas le temps de s’ennuyer.

Géographiquement, Ahmedabad est une ville assiégée. Eloignée des côtes ouest de la mer d'Oman, la ville se retrouve progressivement entourée par des marais salant et le désert après une déforestation massive. Le risque d'assister à des tempêtes tropicales existe aussi, et comme la plupart des villes indiennes, elle peut subir des cycles occasionnels de sécheresse et d'innondations.
Alors que la mousson apporte de l’eau en abondance, l’alcool est un liquide que l’on voit rarement étant donné que le Gujarat est le seul état indien où il est interdit. Heureusement, les détenteurs d’un passeport étranger ont une dérogation, à condition de pouvoir mettre la main sur des boissons alcoolisées.
La plupart des locaux sont strictement végétariens, mais en cherchant bien, il y a de grandes chances de trouver un curry au poulet ou au mouton. Les grands hôtels servent à la fois des plats internationaux et indiens à base de viande, mais n’hésitez pas à goûter les délices végétariens dans les établissements locaux.
Les moyens d’hébergement peuvent être de luxe ou bon marché, avec des établissements extrêmement cossus ainsi qu'un grand nombre de moyen de gamme à des prix raisonnables. On trouve quelques chaînes internationales comme Le Meridien et Radisson, mais il y a aussi beaucoup d'enseignes locales qui disposent d’un emplacement central et d’excellents équipements comme des piscines.
Géographiquement, la ville était peut-être isolée, mais elle est devenue incroyablement bien reliée au reste du pays et au monde. Des vols venant même de New York atterrissent à l’aéroport international, tandis que les bus et les trains la relient à toutes les grandes destinations dans le pays.
Ahmedabad était appelé Ashaval au 11e siècle, période à laquelle il semble que la ville ait été fondée. Cependant, la région dans laquelle se situe la ville aujourd’hui, sur les bords du fleuve Sabarmati, tomba vite sous le contrôle du dirigeant solanki Anhilwara, le chef d’un groupe hindou qui occupa les régions centrales et ouest de l’Inde à cette époque. Le nom de la ville fut transformé en Karnavati et les solankis dominèrent pendant deux siècles. L’invasion suivante vint de ce qui est de nos jours la capitale Delhi, mais qui était alors un sultanat.

Avec la fragilisation de Delhi à la fin du 14e siècle suite à une attaque, un administrateur du Gujarati saisit l’opportunité d’établir un sultanat indépendant. Le sultan Ahmed Shah décida de bâtir sa capitale à Karnavati, renommant la ville Ahmedabad en 1411.
A la fin du 15e siècle, le fils du sultan décédé avait fait d'Ahmedabad une puissante ville fortifiée parsemée de 12 portes. Mais cela ne fut pas suffisant pour repousser les envahisseurs attirés par la ville. En 1573, l'empeureur mughal Akbar prit le contrôle et fit d’Ahmedabad une cité à l’économie prospère d’où l’on exportait du textile vers l’international.
Mais en dépit de son essor économique, on évita de peu la catastrophe quand la villa changea de dirigeants suite à l’invasion des marathas des côtes ouest de l’inde. Le 17e siècle n’apporta que misère, famine et guerres, ce qui provoqua un dépeuplement massif.
Ce ne fut qu’avec l’occupation par les britanniques qu’Amhedabad retrouva de sa splendeur passée, lorsque l’East Indai Company s’installa ici en 1818. Progressivement, les britanniques consolidèrent leur pouvoir et, comme à travers toute l’Inde, ils contruisirent des fortifications militaires et établirent une administration locale avant de développer le réseau ferroviare jusqu'à Mumbai ou Bombay comme on l'appelait à l'époque. L'industrie du textile redevint florissante et fut d'un grand soutien pour l’indépendance.

En 1915, Mahatma Gandhi établit l’Ashram Kochrab à Ahmedabad puis l’Ashram Satyaghraha deux ans plus tard. Ils étaient tous deux des refuges pour les activistes de la cause indépendantiste. Rapidement, la ville devint un chaudron bouillonant d'activités politiques et de protestations. En 1930, Gandhi démarra sa désormais célèbre Marche du Sel vers Dandi, une protestation pacifique qui servit de cataliseur pour une décennie de trouble car l’industrie du textile déclina rapidement. Quand l’indépendance arriva finalement en 1947, Ahmedabad était devenue complètement chaotique.
Avec l’indépendance, le calme revint progressivement et, en 1960, Ahmedabad récupéra le statut de capitale administrative du Gujarat mais seulement jusqu’en 1970, quand celui-ci changea à nouveau au profit de sa voisine, Gandhinagar. Il s'ensuivit une période de développement économique. Pourtant, à la fin des années 70 et dans les années 80, des vagues de protestation éclatèrent alimentées par le prix de la nourriture et les tensions entre les différentes catses.
Début 2001, un violent tremblement de terre de magnitude 6.9 sur l’echelle de Richter causa des destructions massives dans la ville, tuant plus de 700 personnes, un nombre de morts qui fut ensuite utilisé à tort dans le conflit hindou-musulman qui survint l’année suivante et qui fit plus de 1000 morts et mit de nombreux musulmans à la rue. Ces cinq dernières années ont vu un développement notable de la ville et les tensions inter-religieuses ont, semble-t-il, été remplacées par les intérets économiques.
Il y a trois saisons distinctes à Ahmedabad. Octobre et février sont les mois les plus agréables pour visiter la ville, quand les températures sont entre 15 et 30°. Les mois les plus froids sont décembre et janvier avec des nuits parfois très fraîches. L’humidité et les précipitations restent faibles à cette époque de l’année.

En mars, Ahmedabad commence à se réchauffer et les températures grimpent entre mai et avril, ce dernier mois étant particulièrement chaud et sec avec des pics de chaleur atteignant régulièrement les 40°. Pendant cette saison, le temps est particulièrement déplaisant et l’air est très poussiéreux, le courant du Sabarmati se réduit à un mince filet d’eau vers fin mai/début juin.
A la mi-juin, la mousson du nord-ouest frappe la ville, transformant le paysage sec et brun en une nature luxuriante et verdoyante. Les précipitations conduisant souvent à des innondations, le Sabarmati déborde fréquemment dans la partie basse et plate du centre-ville.

La saison des pluies amène des conditions climatiques très humides avec de fortes et régulières pluies qui durent généralement trois mois jusqu’à la mi-septembre. Ce mois est habituellement chaud, mais à la fin d’octobre, les températures et l’humidité baissent significativement avec l’arrivée de l’hiver.































